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Nos références : travail-emploi.gouv.fr, DARES, Insee, Unédic, France Travail, Urssaf...

Décryptage et analyse du monde du travail

Sortir de la soumission douce avec vos collègues

8 oct.
3 min de lecture

Une agence immobilière vous appelle pour une visite. Elle garde le contrôle de la conversation, donne peu d'informations, puis vous demande : "Vous êtes disponible telle date ?" Vous dites oui. Et là, elle ajoute : "Vous pouvez m'envoyer un SMS pour me redonner la date, je ne suis pas devant mon PC pour la noter ?"


Elle a son téléphone en main, elle pourrait noter la date elle-même, en 5 secondes. Mais elle vous délègue cette micro-tâche, sous un prétexte qui ne tient pas vraiment debout. Une personne qui accepte cette soumission douce dit "d'accord, je vous envoie ça". Une personne qui n'accepte pas répond : "Je ne suis pas disponible là tout de suite, pouvez-vous me l'envoyer par SMS à la place ?" Le service, elle le redemande, mais inversé.



Ce mécanisme existe aussi, presque identique, entre collègues


Un collègue vous appelle pour un service. Vous l'aidez, vous discutez, tout se passe bien. Puis, en fin d'échange, il glisse une micro-tâche annexe qu'elle pourrait faire elle même :


  • "Tu peux m'envoyer ça par mail pour que j'ai une trace ?" : alors qu'il n'y pas besoin de mail dans ce contexte.


  • "Tu peux relayer l'info à l'équipe, toi, tu es déjà dessus ?" : alors qu'elle peut le faire elle même car elle est aussi concernée que vous par le sujet.


  • "Tu notes le compte-rendu, tu tapes plus vite que moi." : alors que le fait que vous soyez plus rapide n'est absolument pas un argument valable pour décharger son travail sur vous.


Rien de dramatique, pris isolément et c'est bien là le piège : chaque demande, seule, semble trop petite pour justifier un refus. C'est la répétition qui finit par créer un vrai déséquilibre.



Pourquoi on dit oui, même quand ça ne nous arrange pas


  • Le coût de dire non semble disproportionné par rapport au service demandé : refuser une micro-tâche paraît mesquin, même quand on sent bien que ce n'est pas équilibré.


  • La demande est formulée comme allant de soi ("tu peux juste..."), ce qui laisse très peu d'espace naturel pour la questionner sur le moment.



Ce que ça change de répondre autrement


Il ne s'agit pas de refuser systématiquement, ni de devenir pénible. Il s'agit de retourner la demande, plutôt que de l'accepter automatiquement :


  • "Tu peux m'envoyer ça par mail pour que j'aie une trace ?" → "Je peux te laisser le noter de ton côté s'il-te-plait" ou "Toutes les informations nécessaires sont dans ce fichier si tu as besoins. Le collègue : ok. Vous : Merci =) "


  • "Tu peux relayer à l'équipe, toi, tu es déjà dessus ?" → "Vous : Je peux te laisser le faire s'il-te-plait. Le collègue : ok. Vous : Merci =) "


  • "Tu notes le compte-rendu, tu tapes plus vite que moi." → "Vous : Tu peux le faire s'il-te-plait. le collègue : ok. Vous : Merci =) "


Vous remarquerez que vous n'avez pas besoin de vous justifier, ni de vous excuser. Restez simplement cordial et poli. Si vous refusez fermement de vous soumettre à une demande injustifiée, votre collègue acceptera votre refus et n'insistera pas plus. S'il insiste malgré tout, restez ferme et ne vous justifiez pas :

Etape n°1 (vous restez ferme) :

Il insiste malgré votre premier refus. Vous réaffirmez votre refus sans dire s'il-te-plait.

Vous : "non non, je te laisse le faire "


Etape n°2 (soyez direct, mais pas agressif) :

Si par malheur votre collègue a le culot de vous demander pourquoi vous ne voulez pas le faire, répondez lui simplement : "tu me demandes de faire cela alors que tu peux le faire toi même, donc je te laisse le faire."



Quoi qu'il en soit faites vous confiance, vous saurez toujours percevoir si la demande de votre collègue est légitime et qu'il a réellement besoin de votre aide, ou s'il essaie plutôt de prendre doucement le dessus sur vous.






FAQ


Comment savoir si une petite demande est raisonnable ?

Deux questions aident à trancher. La réciprocité d'abord : me permettrais-je de demander la même chose à cette personne, dans la même situation ? La fréquence ensuite : est-ce la première fois, ou la troisième ce mois-ci ? Une demande ponctuelle et réciproque relève de l'entraide, alors qu'une demande qui revient toujours dans le même sens ressemble déjà à un pli.


Pourquoi une conversation agréable rend-elle le refus plus difficile ?

Parce qu'on refuse plus difficilement quelqu'un qu'on apprécie. Un échange qui se passe bien installe une petite dynamique de coopération : on est dans le registre du "on s'entend bien", pas dans celui du "est-ce que ça m'arrange ?". Dire non à ce moment-là a un coût émotionnel disproportionné : on aurait l'impression de casser l'ambiance, voire de reprendre d'une main ce qu'on vient de donner de l'autre.

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