Vous détestez votre nouveau travail ?
Vous venez de commencer un nouveau poste, et finalement le poste ne vous plait pas. Le problème, ce n'est pas juste "dois-je rester ou partir", le problème c'est que partir à un coût : si c'est vous qui mettez fin à votre période d'essai, vous ne bénéficierez pas du chômage sauf 17 cas d'exceptions listées par France Travail.
Le vrai piège n'est pas juste financier, il est psychologique
On l'a déjà vu : l'entreprise (une personne morale avec des ressources financières) ne risque presque rien à mettre fin à une période d'essai, alors que le salarié qui part de lui-même se retrouve sans chômage. L'impact n'est pas seulement financier, il est aussi psychologique.
Le scénario est souvent le même. Le salarié réalise que le poste ne lui convient pas, et commence à ressasser : "j'aurais peut-être pas dû refuser cette autre opportunité", "j'aurais dû me méfier avant d'accepter", "je me suis planté". Cette rumination s'ajoute à la peur bien réelle de perdre un salaire et de ne pas bénéficier du chômage en plus. Le résultat, c'est un salarié démotivé, qui reste non pas parce qu'il a fait un choix, mais parce qu'il a l'impression de ne plus en avoir. Ce n'est pas de la parano, c'est la conséquence logique d'un rapport de force qu'on a déjà détaillé dans un autre article : la période d'essai n'est pas un essai pour les deux parties.
La case qui décide si vous percevrez le
chômage ou pas
Sur l'attestation employeur remise à France Travail, deux cases existent pour indiquer le motif de la rupture de période d'essai : "à l'initiative de l'employeur" ou "à l'initiative du salarié". La loi ne prévoit aucune troisième catégorie pour une rupture de période d'essai "d'un commun accord" pendant la période d'essai, contrairement à la rupture conventionnelle en CDI. Donc même quand la décision vient réellement des deux côtés, il faut malgré tout cocher l'une des deux cases. C'est l'employeur qui remplit le document. Si cette mention ne correspond pas à la réalité, elle peut être contestée. Le salarié peut demander par écrit une attestation corrigée. En cas de refus, il peut saisir le conseil de prud'hommes, qui peut condamner l'employeur à rectifier le document et à indemniser le préjudice subi.

Si vous hésitez encore à partir
Notre article "Dois-je quitter mon emploi ?" détaille les critères concrets à se poser avant de trancher, période d'essai ou non.
Pour vérifier vos droits précisément
Le Code du travail numérique, un outil officiel gratuit, permet de taper votre situation en langage courant et d'obtenir une réponse juridique précise, adaptée à votre convention collective.

FAQ
Existe-t-il une case "rupture d'un commun accord" pour la période d'essai ?Non. La loi ne prévoit que deux catégories : "à l'initiative de l'employeur" ou "à l'initiative du salarié". Même quand la décision vient réellement des deux côtés, l'employeur doit cocher l'une des deux cases sur l'attestation remise à France Travail.
Que faire si la case cochée ne correspond pas à la réalité ?Vous pouvez demander par écrit une attestation corrigée. Si l'employeur refuse, vous pouvez saisir le conseil de prud'hommes, qui peut le condamner à rectifier le document et à indemniser le préjudice subi.


